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Nikola Knezevic, la Serbie en héritage



Nikola Knezevic, son nom sonne comme un coup de trique ! Tout l’inverse du bruit

soyeux que renvoie le filet du panier de basket à la suite d’un de ses tirs à trois

points dont il a le secret. Délicieux swish…


Nikola aime la dualité, les oppositions. Attaquant et défenseur. Sérieux et souriant.

Discret dans la vie et très présent au coeur du combat.


Il est né en France mais a vite rejoint la Serbie jusqu’à ses 17 ans. Avant de mieux

revenir sur sa terre de naissance. Il est Franco-Serbe mais parfois dans la

conversation dans un français impeccable, il dit Serbo-Français !

« Ce sont mes grand-parents qui sont venus les premiers. Pour découvrir une vie

meilleure. Pour trouver du travail. Mon père est donc né à Paris mais ils ont fini par

rentrer dans leur pays d’origine et ma mère, elle, est totalement Serbe. Ils ont

bouclé la boucle mais il est toujours resté des souvenirs et des valeurs. Et un

profond respect pour cette terre d’accueil. Mon histoire était donc écrite : je voulais

venir terminer des études en France tout en jouant au basket. Et le sport a fini par

prendre le dessus. Faire les deux à un haut niveau, c’était trop compliqué. »

La passion l’a emporté sur la raison. La fac, le STAPS attendront un peu, le basket a

récupéré une pépite. Pour le plus grand bonheur du HTV aujourd’hui.

Le jeune Nikola se retrouve tout seul, loin de sa famille. Cela forge le caractère ! Ne

soyez pas étonné après ça qu’il ressemble à un guerrier sur un terrain, qu’il déteste

la défaite, qu’il repousse toutes les limites. « Je savais pourquoi je venais et je

n’avais pas le choix. Je voulais rendre ma famille très fière. Et puis, vous les

Français, vous savez très bien que les Serbes sont durs au mal, qu’ils sont rugueux

et passionnés. C’est l’identité de ce pays de se faire une place au soleil dans

n’importe quelles circonstances. »


Après trois saison à Châlons-Reims et trois autres à Besançon, Nikola met le cap au

sud. Dans les bagages du nouvel adjoint de Jean-Louis Borg, Gaëtan Etienne. Un

pari très réfléchi. L’assurance d’être bien encadré. « Je connaissais Jean-Louis et

Nikola, dit Gaëtan Etienne. J’étais pratiquement certain qu’il s’épanouirait dans la

philosophie de jeu proposée par Jean-Louis. Niko est rigoureux, travailleur,

courageux avec une excellente mentalité. Il sortait de quelques saisons à Besançon

où c’était tout pour l’attaque. Il y a donc eu un temps d’adaptation mais je n’ai

jamais douté de lui après quelques matches un peu ternes. Aujourd’hui il montre

son potentiel et il va passer un vrai cap. »

Les stats augmentent (10 points de moyenne), son influence aussi. Le groupe l’a

complètement adopté et lui fait confiance. Le poste 3 a besoin de sentir cette

ambiance pour donner le maximum. « Je trouve que le club est très professionnel et

bien organisé pour la Nationale 1. Tout le monde fait le maximum pour nous. Ici, il y

a une histoire, un passé, un public, un magnifique palais des sports. Tout est réuni

pour remettre le club à sa vraie place. On sent jour après jour qu’il se passe quelque

chose. On vit bien au quotidien car les choses sont claires et carrées. Mais

attention, même si le début de saison est formidable, on n’a encore rien fait. Il faut

finir le boulot ! Après les matches aller, le regard des adversaires a changé : il y a

plus de respect. Quand tu es sur le terrain, c’est un truc que tu sens. Nous, on reste

les mêmes et on va prendre chaque match comme une finale jusqu’au bout.»

Il faut dire qu’avec Jean-Louis Borg, les joueurs n’ont pas trop le choix. Les

consignes voire les directives, les encouragements aussi, les éclats parfois,

l’exigence tout le temps… tout cela ressemble plus à la Betclic Elite qu’à la

Nationale 1. « Dans le milieu, tu connais les réputations. Franchement je savais à

quoi m’attendre et je ne suis pas déçu ! Le coach ne nous lâche jamais sur et en

dehors du terrain. Il connait tout, il maitrise tout, suivre ses conseils est un devoir.

Et je crois que tout le monde y trouve son compte. »


Divac, Danilovic, Djordjevic, Bodiroga, Bogdanovic, Jokic, Teodosic, coach

Ivkovic… quand on égrenne quelques uns des grands noms du basket serbe, son

regard s’illumine. Ses yeux brillent. « En équipe de jeunes, j’ai joué pour coach

Ivkovic. C’était un rêve. Et Teodosic, c’est mon idole absolue dans le basket. Quand

il était le patron d’Olympiakos ou du CSKA Moscou, je ne ratais rien de ses

performances. C’est le garçon qui m’a le plus inspiré. C’est une star incroyable. »

Le HTV a recruté un sacré joueur. A ses qualités de shooteur il ajoute de la

polyvalence et un vrai courage. Une abnégation sans faille et une volonté de

partager avec ses coéquipiers. « Il me manque quelques qualités athlétiques, un

peu de puissance et de vitesse mais je travaille. »

Cela s’appelle de l’humilité et c’est une des raisons pour laquelle ses coéquipiers

l’ont adopté sans réserve et très vite. Comme le public aussi.

Dans des semaines XXL (quel calendrier !), Nikola, qui vit seul, n’a pas trop de

temps à consacrer à d’autres activités. « Un bon film, un resto de temps en temps,

des moments de complicité avec les gars du groupe et tout va tellement très vite.

Ah si j’ai visité quelques coins intéressants, quelques villes. Quelle belle région !

J’étais venu en vacances sur la Côte d’Azur, maintenant j’y habite, c’est le rêve ! »

Nikola n’a pas l’habitude de changer souvent de club. Il a peut-être signé un joli bail

avec le HTV.


En regardant les travées du palais des sports de Toulon, il murmure discrètement :

« ce serait beau de le remplir. Cela me ferait penser aux ambiance serbes ! »

On n’a pas osé lui dire que cela avait déjà été fait. Et qu’il serait forcément heureux

dans ce genre d’environnement !




 

Jean-Louis Borg : « un vrai potentiel. »


« Nikola est quelqu’un que j’apprécie. Il a du potentiel offensivement et

défensivement. Il est à l’écoute et montre une envie évidente de progresser. Il

travaille bien, il est fiable. Il a eu un peu de mal au début car il découvrait un

nouveau club et un nouveau coach. Avec une philosophie diamétralement différente

de Besançon, une autre approche du basket. Il lui a fallu un petit temps d’adaptation

mais aujourd’hui la machine est bien lancée. Chaque semaine, il monte en

puissance et le collectif en bénéficie. Il occupe une belle place dans un groupe très

soudé. »

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