Rouen - HTV, une réponse de Normands !















Q1 | Q2 | Q3 | Q4 | PRL | ||
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Hyères-Toulon | 18 | 17 | 13 | 29 | - | |
Rouen | 17 | 26 | 17 | 21 | - |

Un match solide ? Peut-être. Des intentions louables ? Sûrement. Une volonté de ne jamais rien lâcher ? Probablement. Un manque d’adresse ? Une malheureuse habitude. Un déficit chronique aux lancers francs ? Une fâcheuse réalité. Une défense un peu moins imperméable par séquences ? Presque une évidence. Le tout a donné un goût d’inachevé et la possibilité de passer juste à côté d’un grand bonheur. Une réponse de Normands. Peut-être bien que oui, peut-être bien que non !
Pour la première de Stéphane Dumas sur le banc du HTV, le résultat a étrangement ressemblé au reste de la saison. Une équipe qui se bat avec ses moyens, une équipe qui ne baisse pas les yeux même dans les mauvais moments, une équipe qui lutte jusqu’à son dernier souffle… mais une équipe à qui il manque toujours un petit quelque chose pour concrétiser et aller arracher une victoire sur le gong. Pour chasser ses doutes et retrouver un brin de confiance.
Shaun Willett comme un symbole
Il ne manquait que 3 points à 4 secondes de la fin (77-80) et pourtant les occasions n’ont pas manqué de renverser une équipe qui avait fait un festival au Palais des sports en début de saison (22 points d’écart).
Le HTV a signé comme souvent un premier quart correct. Stéphane Dumas donnait sa chance à plusieurs joueurs comme N’Diaye, Knezevic, Sackey et Keïta qui relayaient les titulaires du cinq majeur d’un soir.
Le nouveau coach cherchait la bonne formule, demandait des systèmes, distillait calmement quelques conseils mais se heurtait notamment à quelques absences dont Shaun Willett était le meilleur symbole.
Peu de tirs, aucune franche attaque du cercle, presque discret dans le combat qui est pourtant sa principale qualité avec ses épaules de costaud et ses jambes de feu, le dernier Américain arrivé ne justifiait pas ce que l’on avait vu lors de ses premières sorties et des derniers entraînements.

Hammond émerveille
A la mi-temps, le HTV était trop dans le respect d’une équipe curieuse mais intéressante par moments dans sa façon de créer. Sylvain Delorme avait caché son jeu et gardant près de lui Marcus Hammond et Narcisse Ngoy. Deux garçons qui allaient très vite se transformer en bourreaux des Varois. Le premier, meneur-créateur-finisseur, allait prendre toutes les responsabilités dans les moments chauds.
3/5 à deux points, 3/5 à trois points, 5/7 aux lancers francs, 7 passes décisives, 3 rebonds, 22 d’évaluation, la clé de la performance réussie des locaux. Dans la droite ligne des Eïto, Holston (en amical), Bridgewater et tant d’autres qui sont paramétrés pour présenter les notes et régler les additions.
Rouen peut dire merci à Hammond. Mais aussi au grand Ngoy qui a empilé 16 points à 8/9, 7 rebonds, 25 d’évaluation mais qui a surtout empoisonné toutes les relations entre les grands du HTV. Greenwood et Losser se sont heurtés à un mur. Pouaveyoun et Ndiaye ont été eux aussi à la peine dans les moissons en haute altitude.

Knezevic toujours précieux
Un meneur et un grand, voilà ce qui a perturbé une équipe qui change d’identité, qui doit intégrer dans l’urgence des nouveaux joueurs (Sackey, N’Diaye, Moore, Willett) et qui n’a pas le temps de trouver une continuité pour se sécuriser.
Alors il faut compter sur les fulgurantes de Maxime Eugene qui n’est pas avare d’efforts, sur Nikola Knezevic sur qui repose toute la menace longue distance. Il faut faire avec deux meneurs au style diamétralement opposé comme Théo Lefebvre et Daniel Sackey. Le premier n’arrive pas à retrouver son adresse passée. Le second tire trop peu et se freine dans ses numéros de soliste pour rester dans le cadre collectif.
A la mi-temps, les carottes paraissent cuites. Et tout à coup Knezevic (avec l’aide de capitaine Max) sort la mitraillette. Le HTV revient à un point mais n’arrive pas à passer devant. Au contraire, Rouen signe un 13-2 pour se redonner de l’air. 47-44 à 60-46 ! Hammond et les siens sont au stand de tir !
L’orgueil jusqu’au bout
Les joueurs de Stéphane Dumas sont sonnés mais reviennent pourtant de nulle part. Comment ? Une réaction d’orgueil, une volonté d’exister, une soif de rester dans la course. De façon tellement espérée, Shaun Willett fait enfin régner la terreur. Mo Greenwood plante quelques banderilles, Quentin Losser ferraille… le HTV est à trois points du bonheur.
Sauf que Marcus Hammond monte la garde et se charge de mettre la touche finale et de signer la feuille !
La Kindarena de Rouen, où Laurent Sciarra a laissé quelques souvenirs, est rassurée. Son équipe est bien calée dans la bonne moitié du tableau. Le HTV, lui, est toujours juste au-dessus de la ligne de flottaison. En prenant le chemin du retour, il a appris que Chartres, Fos et Evreux avaient eux aussi perdu. La lutte pour ne pas sombrer est toujours aussi palpitante. Ce qui est certain, c’est que ce HTV se battra jusqu’à son dernier souffle… et qu’il est toujours bien là.
Les résultats de la journée 28
Rouen - HTV 81 - 77
Caen - Chartres 84 - 72
Evreux - Antibes 76 - 80
Nantes - Châlons-Reims 88 - 96
Poitiers - Denain 96 - 79
ASA - Fos 86 80
Saint-Chamond - Pau-Orthez 90 - 80
Vichy - Orléans 79 - 76
Blois - Roanne 89 - 85
Boulazac - Aix-Maurienne 62 - 69

La plume d’Yves Mérens. Journaliste sportif pendant 40 ans (Var Matin, Nice Matin, La Dépêche du Midi, L’Equipe), il a suivi tous les grands événements du sport mondial. Reconnu pour sa connaissance du basket, il a été de nombreuses années le responsable de la rubrique avant de rejoindre le club comme dirigeant et mettre sa passion au service de la riche actualité et de la belle histoire du HTV.