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Quentin Losser, la force tranquille



« Il y a ceux qui jouent du piano et ceux qui les déménagent ! »

Cette phrase appartient à un ancien rugbyman, Pierre Danos. Un immense demi de mêlée passé par Toulon, Béziers et l’équipe de France dans les années 50-60 que certains surnommaient Dominguin pour son élégance et sa façon de provoquer l’adversaire comme un toréador !


Elle pourrait fort bien caractériser Quentin Losser, l’immense combattant du HTV version Borg.

Sauf que lui déménage les pianos et en joue aussi remarquablement !


Costaud, courageux, fier, rugueux, guerrier jusqu’au bout des ongles, disponible sur tous les points chauds, le pivot varois est une des révélations de cette saison en Nationale 1.

On connaissait ses qualités défensives et sa volonté farouche d’interdire l’accès du cercle à ses adversaires et de se jeter sur tous les ballons, on découvre aussi sa faculté à conclure les actions, à poser quelques cerises sur les gâteaux proposés par ses copains.

On savait aussi qu’en cas de gros grain (et en Nationale cela peut arriver), il serait le premier à faire régner l’ordre. « J’ai toujours aimé le combat, dit-il calmement. J’ai goûté au judo et ça me plaisait bien. La baston, c’était cool ! Mais quand tu viens d’une famille de basketteurs, tu es presque obligé d’y revenir. Franck et Géraldine, les parents ont eu le dernier mot pour me filer le virus et je ne regrette rien. Mon petit frère suit la même voie aux PTT. Il n’y a que ma soeur qui fait de la danse. Mais elle n’a que 13 ans et on va s’en occuper !!!»


Bref, Quentin possède l’attirail d’un joueur complet à la base des résultats si positifs obtenus par le HTV cette saison.

Une référence reconnue par le monde du basket, par une presse locale sous le charme et par quelques revues spécialisées qui le mettent de plus en plus souvent en exergue. « Quentin le déménageur » commence à s’imposer comme un formidable artiste avec de très bonnes mains et une adresse de plus en plus fiable.


Formé au HTV, le gamin né à la Seyne en 1999 parce qu’il n’y a pas de maternité à Carnoules (!), est parti ensuite en Betclic Elite du côté de Chalon-Reims. Un escalier trop haut, une signature trop rapide après des débuts en N3 dans le Var où le club commençait son chemin de croix après un rachat américain surréaliste.

Un anonymat de deux ans pour découvrir une belle région et probablement quelques bulles mais qui ne correspondait pas à l’ambition d’un garçon voulant croquer la vie à pleines dents.

Puis à Denain chez Jean Degros , un club historique encore pendant deux saisons.

Valise bouclée, il est donc passé ensuite d’Est et du Nord en Ouest pour aller ferrailler à Lorient. Plus de bulles et de Maroilles, un peu de cidre et quelques crêpes plus loin, un temps de jeu enfin sympa, la marche en avant avait repris et les rayons de lumière venaient de nouveau se poser sur le Grand.

Au point de se faire remarquer par le duo Borg - Dumas pour un retour au bercail correspondant parfaitement à l’image de la nouvelle aventure. Du très solide pour reconstruire une maison lézardée.

Le coach voulait une identité, un comportement, il a été servi sur un plateau par la force tranquille d’un gamin devenu homme marié à Manon et papa d’un petit Swann. « Le bonheur absolu. Une nouvelle vie et de grandes responsabilités. Ma femme est extraordinaire et gère tout. C’est important pour un sportif et je ne la remercierais jamais assez. »


Le retour au pays lui a aussi fait du bien. Toute le famille est là et chez les Losser cela veut dire beaucoup.

« Au premier coup de fil de Jean-Louis et William, je savais que la suite s’écrirait ici. Je n’ai pas eu l’impression de me mettre en danger car je suis parti tellement jeune que rien n’était encore acté. Avant, j’étais un débutant sans aucun statut qui n’avait rien montré. Aujourd’hui j’ai un rôle et je ne m’en cache pas. Et puis je retrouve un club qui revit, qui veut de nouveau écrire une belle histoire, qui a des ambitions. Au-delà de mes racines, il y a des gens qui prennent soin de vous, qui sont à l’écoute. Nous, les joueurs, on ressent qu’il se passe quelque chose et ça participe aux bons résultats de la saison

 Et puis comme souvent, le malheur des uns fait le bonheur des autres. En début de saison, le coach avait bâti une raquette conséquente. Greenwood l’homme à tout (bien) faire. Un Américain, un vrai. Thibault Daval-Braquet, un grand espoir du basket français qui ressortait de deux graves blessures. Et Arthur Simon que Borg avait croisé à Dijon et en qui il devinait un vrai potentiel. Et bien sûr, Quentin Losser.

Sur le papier, une belle rotation à quatre que les premières images avaient vite conforté. Avant que Daval-Braquet, maudit parmi les maudits, ne se blesse de nouveau.

« Une catastrophe, avoue Quentin qui a de superbes relations avec l’autre grand. Je suis certain qu’il y avait de la place pour tout le monde et aucune jalousie ou embrouille entre nous. Je lui souhaite de revenir très vite. »


La complicité avec d’autres joueurs sautent aussi aux yeux.

« On a beaucoup de chance avec un Américain comme Greenwood. Non seulement il est fort mais il a une mentalité exceptionnelle. Un peu à l’image de tout le groupe. Il y a une belle alchimie entre nous. Un clin d’oeil spécial à Théo (Lefebvre) notre meneur. « Piou-piou » est fabuleux, c’est notre guide. »

Son complice le lui rend bien. « Quentin, c’est une belle personne en plus d’être un bon joueur. Il a pris confiance en lui et personne ne sait jusqu’où il peut aller. Il déteint sur toute l’équipe, c’est un bel exemple qui est inspirant. »


Auteur d’une première moitié de saison formidable, Quentin ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. « J’ai progressé mais je sais qu’il y a encore beaucoup de travail. Parfois je m’étonne un peu mais sans être prétentieux, je savais qu’il y avait un petit potentiel ! »

Peut-être aussi que la rencontre avec Jean-Louis Borg a été un déclic ? « Il a un rôle essentiel. C’est un grand coach et un grand monsieur. J’accepte sa dureté, son exigence car il est droit, juste et franc. Il nous connait tous fort bien et il sait ce qu’il peut faire avec nous. En plus, accepter de revenir à ce niveau quand tu as été meilleur coach de l’élite, tu ne peux que dire bravo. »


L’histoire de Quentin Losser s’écrit en lettres dorées. Partout où le HTV se déplace, il est ciblé. Une forme de reconnaissance. Les adversaires savent qu’avec lui, rien ne sera simple.

Les trois défaites de ce début 2024 lui sont restées en travers de la gorge. La réponse pourrait être terrible.

« Cela ne nous ressemble pas, c’est un accident. Mais c’est à nous de remettre de l’ordre et de ne pas chercher d’excuses. La poule haute nous tend les bras mais chaque chose en son temps. C’est à la fin du bal que l’on paye les musiciens. La Pro B ? Il y a quelques semaines, on nous parlait de maintien. Alors que l’on nous laisse tranquille avec ça. Mais cela ne nous empêche pas d’y penser entre nous. Mais en toute discrétion. Aujourd’hui, on profite et on parlera après. »


Le garçon a déjà connu de beaux moments. « A Denain, devant un public en folie, il fallait gagner les deux derniers matches pour nous sauver. On a pris le premier à la maison et ensuite 300 supporters sont venus nous accompagner à Evreux où nous avons réussi notre pari. Un sacré souvenir. Voilà ce que je veux connaitre ici à Hyères-Toulon. »


Les meilleures prestations de sa carrière, il avoue les vivre cette saison sous le maillot du HTV. « Sincèrement et humblement, je crois que oui. Et j’espère que ce n’est pas terminé ! »

Le Palais des Sports l’a adopté, l’a reconnu. Les encouragements ne trompent pas, ils sont sincères et ils ne viennent pas tous de Carnoules !


Et en bas de la grande tribune, il y a toujours une maman et son petit Swann pour apprécier les performances du numéro 22. Pourquoi le 22 ? « C’est le jour de ma rencontre avec Manon ! »


Derrière un colosse, un mec sincère et attachant, une force tranquille, un gars qui déménage les pianos et qui en joue



, il y a toujours un garçon avec beaucoup de sentiments…

 


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